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Edition 2023
Récollection du samedi 14 janvier 2023 - Enseignement du P. F. Dolz
Récollection du samedi 14 janvier 2023 - Enseignement du P. F. Dolz

| Hubert de Caslou 1612 mots

Récollection du samedi 14 janvier 2023 - Enseignement du P. F. Dolz

Thème de la Marche-de-Saint-Joseph 2023 : 'LÈVE-TOI, prends ton brancard et marche’, (Jn 5,8 ; Mt 9,6 ; Mc 2,9 ; Lc, 5,17) 

Cet ordre de Jésus s’adresse à chacun de nous, mais il nous est donné au milieu de nos frères, plus particulièrement ceux dont le handicap est le plus visible.

En invitant nos frères handicapés ou fragilisés à se joindre à notre Marche, nous leur demandons de nous aider à prendre, avec eux, nos brancards, à identifier nos handicaps et nos fragilités pour venir aux pieds du Christ et répondre à son appel.

Enseignement du P. Francisco Dolz, notre aumônier, Directeur du Bon Conseil, le 14 janvier, lors de notre récollection préparatoire 

Avant que Jésus prononce les paroles « Lève-toi, prends ton brancard et marche », il y a eu des actions, des gestes très précis, que les évangélistes ont pris le soin de nous transmettre. Cette parole de Dieu qui est énergique et coupante, doit aujourd'hui pénétrer notre âme, comme une épée qui entrerait dans notre corps, pas pour nous donner la mort mais pour nous guérir en profondeur, même si ça fait mal.

1.     Jésus, celui qui pardonne les péchés et guérit

Jésus apparaît dans cet évangile apparemment inaccessible. Le texte dit qu’il y avait tant de monde qui était venu l’écouter qu’on ne pouvait pas approcher de lui. Mais Jésus est toujours accessible : si on ne peut pas le rejoindre « comme tout le monde », alors il faut trouver un autre chemin. Le cardinal Ratzinger disait qu’il y a autant de chemins pour arriver à Dieu que d’hommes sur terre. La Bible nous parle souvent de Dieu comme un Dieu qui se cache, qui attend que nous le cherchions, que chacun de nous trouve le chemin pour arriver devant lui. D’ailleurs, le fait qu’il se cache est aussi avéré par un autre fait : il y en a qui sont devant lui à l’intérieur de la maison mais qui ne voient pas qui il est. Il ne suffit donc pas de faire comme tout le monde ; il nous faut le chercher.

Caché mais toujours accessible. Nous le contemplons en train d’annoncer la Parole et il est subitement interrompu par ce paralysé qu’on lui emmène. Et Jésus se laisse interrompre, non pas par n’importe quelle chose, mais par notre foi. C’est toujours la foi des fidèles qui fait que Jésus s’arrête pour les purifier, les pardonner, les guérir. Comment ne pas penser à l’épisode de l’hémorroïsse qui touche la frange du manteau de Jésus avec foi. Jésus s’arrête, alors qu’il partait avec un papa qui est en train de perdre sa fille.

Jésus nous est montré aussi comme celui qui a le regard le plus pur sur nous. Jésus ne voit pas seulement des corps malades ou en bonne santé, il ne voit pas seulement des personnes qui viennent à lui. Il voit surtout le cœur de chacun. Il a le regard tellement pur qu’il pénètre toutes nos pensées, toutes nos intentions. Il les connaît avant même que nous les ayons formulées avec nos mots. Ça veut dire que dans notre monde visible, il y a des réalités qui sont invisibles. Jésus, dans la réalité des personnes qu’il contemplait avec ses yeux de chair, voyait encore plus : les péchés, la maladie, le doute, l’acte de foi. Quand nous nous présentons devant Jésus, nous venons non pas pour lui présenter seulement ce qui se voit de notre vie, mais surtout ce que seulement lui et nous pouvons voir : notre propre cœur. Et plus je me serai habitué à me laisser regarder par lui dans mon cœur, plus je porterai un regard comme le sien sur le cœur des autres. Un regard qui est lumineux, qui met en lumière la vérité autant que l’erreur.

Parce qu’avec Jésus, il ne faut pas craindre de dénoncer l’erreur, non pas pour condamner, mais pour faire briller davantage la vérité. D’ailleurs, dans cet évangile, s’il n’y avait pas eu d’erreur de la part des scribes, il n’y aurait pas eu peut-être de guérison. Et la guérison n’arrive pas comme un but en soi, mais pour manifester l’autorité de Jésus. Pour démasquer l’erreur il nous faut le regard de Jésus. Pour faire exploser tout ce qui est faux, toute hypocrisie, dans notre vie, dans nos relations, dans la vie de ceux qui nous sont confiés ou qui nous entourent, il nous faut le regard de Jésus. N’ayons pas peur de dénoncer, et de combattre même, l’erreur si Jésus nous éclaire, pour aider les hommes à découvrir Dieu qui est souvent caché.

2.     Les quatre hommes et la grandeur de leur foi

Nous sommes appelés à emmener les hommes à Jésus. Nos frères et sœurs, Jésus ne nous les a pas donnés pour que nous soyons sympas avec eux, ou pour ne pas les choquer ; il nous demande de les aimer comme il nous a aimés. Autrement dit, il nous demande de leur mettre devant les yeux son amour à lui. Mettre devant les hommes l’amour du Christ ; afficher l’amour du Christ, la lumière du Christ. Bien de fois nous pouvons gérer notre vie chrétienne uniquement pour nous, comme si nous étions les seuls bénéficiaires de notre foi, et nous ne nous soucions pas de ce que les autres puissent rencontrer aussi le Christ. Il faudrait que nous prenions conscience du véritables système de parrainage que le Seigneur a voulu mettre en place et qui nous procure d’innombrables avantages sur notre compte bancaire de l’éternité ou, comme dit Jésus, sur notre trésor du Ciel (cf. Mt 6,20). Parce que nous ne pouvons pas arriver au Ciel en solitaire. 

Et ici il y a quelque chose de très beau dans cet évangile. C’est justement la méthode que ces quatre hommes vont mettre en place pour emmener le paralysé à Jésus : ils ne vont pas se mettre à prier ; leur réaction n’a apparemment rien de religieux ; ils vont se coltiner le réel. Ils montent sur le toit (avec le paralysé), ils découvrent le toit exactement sur Jésus (ils ne font pas les choses à moitié) et puis ils se débrouillent pour faire descendre le grabat par cette ouverture. Très souvent, le chemin pour emmener quelqu’un à Jésus, ou même pour arriver nous-mêmes à Jésus, passe par ces gestes apparemment profanes, mais très incarnés, derrière lesquels, il nous attend.

Nous touchons ici, par exemple, le cœur de la pédagogie des patronages : « Ici on joue, ici on prie ». Pourquoi faut-il que l’Église investisse dans des terrains de foot et qu’elle organise des jeux, des camps scouts ? Parce que Dieu a voulu nous rencontrer dans le concret de l’aventure humaine, dans la gratuité du jeu, dans la beauté des camps, dans l’effort, comme ces quatre hommes qui ont fait ce jour-là leur sport de la semaine avec un cœur rempli de foi. 

3.     Le paralysé pardonné et guéri

Cet homme qui ne pouvait rien faire, se trouve porté par la foi des quatre hommes et mis devant Jésus tel qu’il est. Il est regardé dans son cœur et aimé et pardonné de tous ses péchés par Jésus : « Mon enfant, tes péchés te sont pardonnés ». Nous ne savons rien de la conscience religieuse de cet homme avant cette rencontre. Nous ne savons même pas s’il s’agit d’un grand pécheur ou d’un homme juste. Il ne répondit rien à cette parole de Jésus. Saint Luc nous dit que quand il s’en alla dans sa maison il glorifiait Dieu (cf. Lc 5,25). Et finalement c’est cela qui importe pour Dieu. Non pas tant les dispositions que nous avons avant d’arriver devant Jésus, mais le but où Dieu veut nous emmener avec notre conversion.

Nous pouvons ainsi porter avec foi devant Jésus beaucoup de monde, y compris les puissants de ce monde, pour lesquels saint Paul nous demande de prier (cf. 1 Tm 2,1-4).

Cet homme paralysé est donc abandonné entre les mains du Christ avec foi. Et, devant Jésus, il se laisse faire. Il a tout accepté : qu’on le monte sur le toit, qu’on le descende couché dans son brancard. Et maintenant il laisse la place à Jésus et il lui obéit jusqu’au bout, au point de faire que tout tourne autour de Jésus. L’important est Jésus, celui qui prouve son autorité par un miracle.

Conclusion

« Lève-toi, prends ton brancard et marche » est une parole de Jésus, le Fils de Dieu, de ce Dieu qui se cache mais qui est toujours accessible. Il veut que nous le cherchions, surtout là où nous avons du mal à croire qu’il peut être présent (dans ces domaines apparemment profanes du réel mais dans lesquels il marche avec nous). « Lève-toi, prends ton brancard et marche » c’est la parole de celui qui a le regard le plus pur et lumineux qui est posé sur moi, regard qui veut me purifier et chasser les ténèbres de ma vie. C’est l’ordre de celui qui veut démasquer l’erreur dans ma vie. Laissons-nous donc emmener vers cette parole, vers Jésus, et ayons aussi le courage de conduire nos frères et sœurs à Jésus, de les mettre devant l’amour et la lumière de Jésus.  

Rappel : Les Flyers et les affiches sont disponibles chez Arnaud Bouthéon (50, rue du Rocher - 75008 / 06 61 48 22 40) et au secrétariat de St-François-Xavier (39, bd des Invalides 75007 / 01 44 49 62 44, aux horaires suivants ; le lundi de 8h30 à 12h30, puis de 13h00 à 16h30, le mardi et le jeudi de 8h00 à 19h00, le mercredi de 8h00 à 18h30 et le vendredi de 8h00 à 17h30). Attention d'en 'laisser pour les autres', sachant que 1cm d'épaisseur représente 100 flyers.

Rq : Les Livrets du pélerin seront disponibles début mars  

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