Neuvaine pour la Marche de Saint Joseph 2025
– Jour 3, samedi 15 mars – Matin
« J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous
donnerai un cœur de chair. » (Ez 36, 26)
Dilexit Nos, du Pape François (24 octobre 2024) :
Le monde peut changer à partir du cœur
28. Ce n’est qu’à partir du cœur que nos communautés parviendront à unir leurs intelligences et leurs volontés, et à les pacifier pour que l’Esprit nous guide en tant que réseau de frères ; car la pacification est aussi une tâche du cœur. Le Cœur du Christ est extase, il est sortie, il est don, il est rencontre. En Lui, nous devenons capables de relations saines et heureuses les uns avec les autres et de construire le Royaume de l’amour et de la justice dans ce monde. Notre cœur uni à celui du Christ est capable de ce miracle social.
29. Prendre le cœur au sérieux a des conséquences sociales. Comme l’enseigne le Concile Vatican II, «nous avons tous assurément à changer notre cœur et à ouvrir les yeux sur le monde, comme sur les tâches que nous pouvons entreprendre tous ensemble pour le progrès du genre humain ». Car «les déséquilibres qui travaillent le monde moderne sont liés à un déséquilibre plus fondamental qui prend racine dans le cœur même de l’homme ». Face aux drames du monde, le Concile nous inviteà revenir au cœur, expliquant que l’être humain, «par son intériorité, dépasse l’univers des choses : c’est à ces profondeurs qu’il revient lorsqu’il fait retour en lui-même où l’attend ce Dieu qui scrute les cœurs (cf. 1 S 16, 7 ; Jr 17, 10) et où il décide personnellement de son propre sort sous le regard de Dieu ».
30. Cela ne signifie pas qu’il faille trop compter sur soi-même. Prenons garde : rendons-nous compte que notre cœur n’est pas autosuffisant, qu’il est fragile et blessé. Il a une dignité ontologique mais, en même temps, il doit chercher une vie plus digne. Le Concile Vatican II déclare également : « Quant au ferment évangélique, c’est lui qui a suscité et suscite dans le cœur humain une exigence incoercible de dignité », mais pour vivre selon cette dignité, il ne suffit pas de connaître l’Évangile ni de faire mécaniquement ce qu’il nous commande. Nous avons besoin de l’aide de l’amour divin. Allons vers le Cœur du Christ, le centre de son être qui est une fournaise ardente d’amour divin et humain et qui est la plus grande plénitude que l’homme puisse atteindre. C’est là, dans ce Cœur, que nous nous reconnaissons finalement nous-mêmes et que nous apprenons à aimer.
Commentaire :
Que veut dire que « notre cœur est fragile et blessé » ? Nous le savons, rien que prendre le temps de méditer cette question c’est déjà très beau, cela nous fait du bien. Nous pouvons aujourd'hui nous demander aussi en quoi saint Joseph nous aide à accueillir la fragilité de notre cœur. En réalité, la fragilité que Joseph a dû accueillir, après la sienne propre, est celle de l’Enfant Jésus.Quand nous pensons à nos fragilités, nous pouvons à tort les mettre d’emblée sous le signe de ce qui est négatif en nous, alors que « fragilité » dit simplement l’état de vulnérabilité. Un enfant est fragile non pas parce qu’il serait négatif ou mauvais, mais parce qu’il est vulnérable et qu’il a besoin d’être protégé. Pensons à un nourrisson, un nourrisson comme celui que Joseph a eu entre ses bras tant de fois. Une très grande partie des gestes que nous posons sur ce petit sont des gestes de protection. Ainsi en est-il pour nos propres fragilités, et pour celles des autres. Comme Joseph, nous pouvons les accueillir avec tendresse tout d’abord en portant sur elles un regard qui ne condamne pas, un regard qui est comme celui qu’un père pose sur son fils : « Mon fils, aujourd'hui tu es fragile, tu es vulnérable, mais je vais veiller sur toi, tu grandiras, tu seras fort et vivras debout devant Dieu et devant les hommes ». Avec un regard plein de tendresse comme celui de Joseph, pensons aux fragilités qui nous sont confiés, à celles aussi de notre propre cœur. Demandons à Joseph de les porter avec amour, avec la tendresse qui l’a caractérisé. Et la meilleure façon de les porter, comme nous dit le saint Père, est de les porter vers le Cœur du Christ, fournaise ardente d’amour divin et humain, la plus grande plénitude que l’homme puisse atteindre. Demandons à l’Esprit Saint qu’il mette en lumière nos fragilités. C’est là que Dieu nous attend pour être notre berger, notre guide, notre Père.
Neuvaine pour la Marche de Saint Joseph 2025
– Jour 3, samedi 15 mars – Soir
Le soir c’est le moment de fermer non seulement les fenêtres de nos maisons, mais aussi celles de notre cœur. Nous les avons grandes ouvertes ce matin, il est temps de regarder la lumière qui est entrée chez nous. Ainsi, dans le silence de cette nuit, avec saint Joseph, accueillons ce qui a été notre journée. Aujourd'hui nous avons médité sur la tendresse de Joseph, ce père qui voit grandir son fils avec amour. Nous nous sommes penchés sur son cœur de père, mais aussi sur le nôtre qui a ses propres fragilités. De la main de Joseph, demandons-nous :
- Comment ai-je accueilli les autres aujourd'hui, surtout dans leurs fragilités ?
- Quel a été mon détail d’amour, d’attention, de tendresse, vis-à-vis de mes semblables, de mes frères, de mes enfants ?
- Puis-je dire qu’aujourd'hui je me suis regardé avec tendresse, surtout dans mes fragilités, conscient qu’elles sont le lieu où Dieu prend soin de moi pour que je grandisse devant lui et devant les hommes ? Saint Joseph ne nous lâche pas. Avec lui, confions au Père du Ciel les fruits de notre prière.
Hymne
Seigneur, au seuil de cette nuit
Nous venons te rendre l’Esprit
Et la confiance
Bientôt nous ne pourrons plus rien,
Nous les mettons entre tes mains,
Afin qu’en Toi nos vies, demain,
Prennent naissance.
Ce jour en train de décliner,
Tu nous donnes de le tourner
Vers le mystère
Que fit le premier soir avant
La première aube sur les temps.
Et chaque soir au soir suivant
Dit ta lumière.
Psaume : 22
1 Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien. *
2 Sur des prés d'herbe fraîche,
il me fait reposer.
Il me mène vers les eaux tranquilles
3 et me fait revivre ; *
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.
4 Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal, *
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.
5 Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ; *
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.6 Grâce et bonheur m'accompagnent
tous les jours de ma vie ; *
j'habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.
Parole de Dieu
« Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi- même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles.
Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées.
Je les ferai sortir d’entre les peuples, je les rassemblerai des différents pays et je les ramènerai sur leur terre ; je les ferai paître sur les montagnes d’Israël, dans les vallées, dans les endroits les meilleurs.
Je les ferai paître dans un bon pâturage, et leurs prairies seront sur les hauteurs d’Israël. Là, mes brebis se reposeront dans de belles prairies, elles brouteront dans de gras pâturages, sur les monts d’Israël.
C’est moi qui ferai paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer, – oracle du Seigneur Dieu. » (Ez 34, 11-15)