
Il y a 40 ans, saint Jean-Paul II, mettait (déjà) en avant la prééminence de la sainteté de saint Joseph.
La Sainteté de Saint Joseph.
La Vierge Marie mise à part, la sainteté de Joseph dépasse celle des autres saints en raison de ses relations très étroites avec le Messie.
Les prophètes ont annoncé le Messie, mais ne lont ni vu ni entendu. Les apôtres et les autres saints servent lÉglise, Corps mystique du Christ.
Les martyrs témoignent de la venue du Sauveur. Mais Joseph, comme Marie, est ordonné directement au service de la Personne du Christ.
La sainteté suréminente de Joseph sexplique, en premier lieu, par la surabondance de grâces et de perfection mise par Dieu dans son âme.
« La grâce sanctifiante, nous destinant à lunion surnaturelle avec Dieu, est dautant plus abondante en une âme que cette âme doit être plus intimement unie à Dieu dans lordre surnaturel. Or Joseph, tant à légard du Verbe incarné quà légard de la Mère de Dieu, a reçu une mission très particulière, quaucun autre homme na reçue ».
« Joseph fut lépoux de Marie ; il fut réputé le père de Jésus-Christ. De là ont découlé sa dignité, sa faveur, sa sainteté, sa gloire. Certes, la dignité de la Mère de Dieu est si haute quil ne peut être créé rien au-dessus. Mais, toutefois, comme Joseph a été uni à la bienheureuse Vierge par le lien conjugal, il nest pas douteux quil nait approché plus que personne de cette dignité suréminente par laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les natures créées » (Léon XIII).
La sainteté suréminente de Joseph lemporte sur la sainteté de tout autre saint.
Et dabord par rapport à saint Jean-Baptiste.
Ici une difficulté provient de Matthieu 11, 11 affirmant que Jean est « le plus grand de ceux qui sont nés dune femme », ce qui donne à penser quil est effectivement le plus grand des saints. Mais Jésus parlait de Jean en tant que le plus grand saint de lAncienne Alliance, dont il est le dernier prophète.
Certes, saint Thomas dAquin écrit, à leur sujet, « que les apôtres ont reçu une grâce plus abondante que tous les autres saints, après le Christ et la Vierge Mère », en raison de leur fonction . Toutefois, la mission de saint Joseph, « étant dun ordre plus relevé que celle des apôtres, exigeait, en vertu du principe de saint Thomas, une plus grande abondance de grâces. Certains offices, écrit Suarez, relèvent de lordre même de la grâce sanctifiante, et, dans ce genre, les apôtres tiennent le degré le plus élevé : aussi ont-ils eu besoin de plus de secours gratuits que les autres, surtout en ce qui concerne les dons gratuitement donnés et la sagesse. mais il y a dautres offices qui confinent à lordre de lunion hypostatique, en soi plus parfait, ainsi quon le voit clairement de la maternité divine en la bienheureuse Vierge Marie, et cest à cet ordre doffices quappartient le ministère de saint Joseph. Sans vouloir tirer de conclusion absolue, le grand théologien estime quil nest ni téméraire, ni impie, mais au contraire que cest opinion pieuse et vraisemblable de considérer saint Joseph comme le premier des saints en grâce et en béatitude.
Dans la dévotion de saint Joseph, Pierre de Sainte-Marie assure que « saint Joseph a été un Saint universel, un Saint qui embrasse toute sorte de Sainteté, de quel ordre et condition quelle puisse être ; et que depuis le Sceptre jusquà la houlette, depuis les Cèdres jusquà lhysope, il ny a personne qui ne se puisse se retirer sous son ombre ».
Le chancelier de lUniversité de Paris, Gerson, dans un sermon prêché devant les pères du concile de Constance, a soutenu que saint Joseph a été sanctifié dans le sein de sa mère. Il est suivi en cela par plusieurs théologiens, tels Cornelius a Lapide, saint Alphonse-Marie de Liguori, saint François de Sales, etc. Cest aussi le cas de Dom Maréchaux, pour qui Joseph a été « sanctifié dès le sein de sa mère, par une grâce exceptionnellement prévenante, comme la été Jean-Baptiste. Il est légitime de penser que cette latente infusion de lumière et de grâce rentre dans lharmonie des hautes dignités auxquelles Dieu le prédestinait » (Élévations sur saint Joseph).
Dom Démaret compte au nombre des prévenances divines en faveur de saint Joseph sa sanctification dans le sein de sa mère.
Cependant lÉcriture ne mentionne ce privilège de la sanctification avant la naissance que pour saint Jean-Baptiste et le prophète Jérémie.
La sainteté de saint Joseph découle, entre autres, de son contact quotidien avec Jésus et Marie. Avec son épouse dabord : « Si le Saint-Esprit appela Joseph un homme juste, lorsquil fut choisi pour Époux de Marie, considérons quelle abondance damour divin et de toutes vertus notre saint dut retirer des entretiens et de la compagnie continuelle de sa sainte Épouse, en qui il voyait un parfait modèle de toutes les vertus. Si un seul mot de Marie suffit pour sanctifier Jean-Baptiste et remplir Élisabeth du Saint-Esprit, à quelle haute sainteté ne devons-nous pas penser que parvint la belle âme de Joseph par les rapports familiers quil eut avec Marie, pendant lespace au moins de vingt-cinq ans, selon la tradition ! ».
(St Alphonse-Marie de Liguori)
Joseph se sanctifie aussi grâce à la présence de Jésus à ses côtés : « Combien la sainteté de Joseph a dû saccroître par les rapports familiers quil eut avec Jésus-Christ, pendant tant dannées quils vécurent ensemble ! Les deux disciples qui allaient à Emmaüs, se sentirent embrasés de lamour divin, pour le peu de moments quils accompagnèrent le Sauveur et lentendirent parler, ainsi quils se le dirent ensuite : « Notre cur nétait-il pas tout brûlant au-dedans de nous, lorsquil nous parlait en chemin ? » (St Luc 24, 32). Que devons-nous donc penser des flammes de sainte charité qui se développèrent dans le cur de Joseph, pendant les trente années quil passa dans la compagnie du Fils de Dieu, écoutant les paroles de vie éternelle qui sortaient de sa bouche, et observant les parfaits exemples dhumilité, de patience, et dobéissance, quil donnait en se montrant si prompt à laider dans ses travaux et à le servir en tout dans la maison ? Quel incendie damour divin tous ces traits de feu ne devaient-ils pas exciter dans le cur de Joseph, ce cur si pur de toute affection terrestre ! » ( St Alphonse-Marie de Liguori).
Pour saint Jean Eudes, montrant lunion étroite entre les curs de Jésus, Marie et Joseph, « après Dieu, saint Joseph est le premier amour de sa sainte épouse, et il a la première place dans son cur, car Marie étant toute à Joseph, comme lépouse est à son époux, le cur de Marie était à Joseph. Non seulement il était à lui, mais sil sest dit des premiers chrétiens quils navaient quun cur et quune âme, combien davantage peut-on dire de la bienheureuse Vierge et de son saint époux quils navaient quune âme et quun cur par un lien sacré damour et de charité. Il est donc constant que Joseph na quun cur avec Marie, en suite de quoi nous pouvons dire que Marie nayant quun cur avec Jésus, Joseph, par conséquent, na quun cur avec Jésus et Marie. De sorte que, comme dans la Trinité adorable du Père, du Fils et du Saint-Esprit, il y a trois personnes qui nont quun cur, ainsi dans la trinité de Jésus, Marie et Joseph, il y a trois curs qui ne sont quun cur ».
Cette sainteté na pu que croître au fil du temps. Exempt de tout péché actuel sa vie durant ; destiné comme il létait à la haute mission de gardien de la sainte Famille ; correspondant entièrement aux grâces dont Dieu ne cessait de le favoriser, la grâce augmentait continuellement dans son âme, dautant quil y répondait merveilleusement bien, justifiant ainsi son nom qui, comme nous lavons dit, signifie « Dieu ajoutera ».
La dignité singulière de saint Joseph
« Certes, la dignité de la Mère de Dieu est si haute quil ne peut être créé rien au-dessus. Mais, comme Joseph a été uni à la bienheureuse Vierge par le lien conjugal, il nest pas douteux quil ait approché plus que personne de cette dignité suréminente par laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les créatures. Le mariage est en effet la société et lunion la plus intime de toutes, qui entraîne de sa nature la communauté des biens entre lun et lautre conjoint. Aussi, en donnant Joseph pour époux à la Vierge, Dieu lui donna non seulement un compagnon de vie, un témoin de sa virginité, un gardien de son honneur, mais encore, en vertu même du pacte conjugal, un participant de sa sublime dignité » (Léon XIII).
« Le seul exemple de Jésus-Christ, qui voulut honorer saint Joseph sur la terre au point de se placer sous son autorité, devrait exciter dans toutes les âmes une ardente dévotion envers ce grand saint. Le Père éternel layant désigné pour tenir sa place sur la terre auprès de son divin Fils, Jésus le regarda toujours comme son Père : il lui rendit le respect et lobéissance quun fils doit à son père, durant lespace de trente ans.
LÉvangile atteste quil était soumis à Marie et à Joseph : Erat subditus illis [cf. Luc 2, 51] ; ce qui signifie que, pendant tout ce temps, lunique occupation du Rédempteur fut de leur obéir : cétait à Joseph de commander, comme chef de cette petite famille, et à Jésus dobéir, comme sujet ; de sorte quil ne faisait jamais un pas ni une action, quil ne prenait jamais de nourriture ni de repos, que selon les ordres de Joseph.Il lui obéissait en tout et sur-le-champ.
Souvent, dit Jean Gerson, Jésus était occupé à préparer le repas, à laver la vaisselle, à puiser leau, à balayer la maison. Cette humble obéissance de Jésus-Christ élève la dignité de saint Joseph au-dessus de celle de tous les autres saints, excepté la Mère de Dieu » (St Alphonse de Liguori).
Joseph a eu envers Jésus « lautorité aussi bien que la sollicitude et les devoirs dun père.
Est-il des fonctions du meilleur des pères, qui nait été glorieusement exercée par ce serviteur fidèle et prudent que le Seigneur préposa au gouvernement de sa famille (cf. Matthieu 24, 45) Il nest pas seulement lami de lépoux, comme Jean-Baptiste ; il en est le gardien et le protecteur. Il le reçoit dans sa maison ; il le prend dans bras, il le presse sur son cur » (Ch. Duport). « Il ne faut pas en douter : lintimité, le respect, la très haute dignité que le Christ pendant sa vie humaine portait à Joseph, comme un fils à légard de son père, il na pas renié tout cela au ciel, il la plutôt enrichi et achevé » (st Bernardin de Sienne).
Les théologiens affirment constamment léminence singulière de Joseph par rapport aux anges et à tous les saints, y compris saint Jean-Baptiste. « Ressort incontestablement en lui une triple éminence : éminence de titres et de qualités, éminence de vertus et de mérites, éminence dintercession et de médiation. Cette triple éminence se termine en une éminence de sainteté et de gloire » (Dom Maréchaux, Élévations sur saint Joseph).
Les vertus de saint Joseph
Le saint patriarche apparaît comme un modèle de toutes les vertus, car « il était juste, cest-à-dire orné de toutes les vertus, sans aucune tache » (st Bernardin de Sienne, Sermo de S. Joseph). Pour Eusèbe de Césarée, « dans cet admirable saint, on remarquait une grande liberté desprit, une pudeur incomparable, une prudence égale à sa modestie. Il excellait surtout en piété et attirait lattention par sa beauté extraordinaire » (Préparation évangélique 7, 3). Saint Joseph est « de tous les hommes le plus pur dans la virginité, le plus profond dans lhumilité, le plus ardent dans lamour de Dieu et dans la charité, le plus élevé dans la contemplation, le plus attentif dans le service de la Vierge son épouse » (Ubertin de Casale).
Saint Paul VI voit en saint Joseph celui qui « nous introduit à lÉvangile des béatitudes :
Nous voyons en lui une docilité, une promptitude exceptionnelle à obéir,il se soumet pleinement à la parole qui le dirige à un niveau extraordinaire de pureté et de sublimité, très supérieure à toute aspiration humaine. Approchons-nous aussi, avec la dévotion dun enfant, comme quelquun de la maison, à la porte de lhumble atelier de Nazareth. Il nexiste pas de vie qui ne soit assailli de nombreux dangers, de tentations, de faiblesses et de chutes. Joseph, silencieux et bon, fidèle, doux, fort et invaincu, nous apprend ce que nous devons faire » (Homélie, 19 mars 1968).
Arrêtons-nous brièvement à quelques-unes des innombrables vertus du saint patriarche. Nous pouvons déduire en premier lieu des récits évangéliques que Joseph était quelquun de très religieux, très intègre, laborieux, obéissant, doux, tendrement attaché à Jésus et à Marie. Qualifié d« homme juste » par saint Matthieu (1, 19), sa justice, même prise au sens restreint dobservant fidèle de la Loi, saccompagne de prudence, de charité, de douceur, de patience, de foi et dobéissance.
« Il nest pas seulement Patriarche, mais le paranymphe de tous les patriarches ; il nest pas simplement Confesseur, mais plus que Confesseur, car en cette qualité sont comprises les dignités des évêques, la générosité des martyrs et de tous les autres saints. Cest donc à juste raison quil est comparé à la palme, qui est le roi des arbres, et lequel a la propriété de la virginité, de lhumilité et de la constance et vaillance : trois vertus lesquelles le glorieux saint Joseph a grandement excellé. Si on osait faire des comparaisons, il y en aurait qui maintiendraient quil a surpassé tous les autres saints en ces trois vertus » (St François de Sales).
« Examinez autant que vous voudrez ses prérogatives ; dites-vous quayant été destiné par une vocation spéciale au plus noble ministère qui na jamais existé, il a réuni en sa personne ce qui a été réparti chez les autres saints ; quil a eu les lumières des Prophètes, pour connaître le secret de lIncarnation dun Dieu ; les soins amoureux des Patriarches, pour nourrir un homme Dieu ; la chasteté des Vierges pour vivre avec une Vierge Mère dun Dieu ; la foi des Apôtres, pour découvrir dans lhumilité extérieure dun homme les grandeurs cachées dun Dieu ; le zèle des Confesseurs, et la force des Martyrs pour défendre et sauver la vie dun Dieu au risque de la sienne. Dites tous cela, Messieurs ; mais je vous répondrai avec un seul mot : Joseph vir eius erat iustus » (J. Richar, Elogios Históricos de los Santos, 1780). Lon a pu dire que « Joseph est lunique saint qui ait pratiqué les vertus propres de tout état et de toute condition [en dehors de la Vierge Marie, bien évidemment] ; et cest pour cela quil a obtenu la prérogative dêtre lunique saint qui puisse intercéder pour les personnes de toute condition et de tout état. En ce sens, on peut dire que Dieu lui a donné le droit de bénir toutes les nations. (Ecclésiastique 44, 25).
Joseph appartenait à la race royale, mais il fut obligé de vivre du travail de ses mains. Cest donc à lui que doivent recourir en même temps et les riches, et les pauvres, et les nobles et les plébéiens.
Il fut engagé dans les liens dun légitime mariage ; mais dans le mariage, il conserva la virginité la plus pure et la plus parfaite. Cest donc à lui que doivent recourir les personnes qui ont fait vu de virginité, et toutes celles qui vivent dans létat du mariage ; mais ayant eu lhonneur de porter entre ses mains et doffrir à Dieu, avec les plus purs sentiments de religion, le corps très saint de Jésus-Christ, il exerça le plus noble et le plus auguste des sacerdoces. Cest donc à lui que doivent recourir laïques et prêtres, ecclésiastiques et séculiers.
Oui, Dieu lui a donné le pouvoir de bénir toutes les tribus de la terre. Et, en effet, il ny a pas de royaume qui ne lait pour protecteur, de famille qui ne lait pour gardien, de chrétien qui ne lait pour avocat ; et son nom, uni à celui de Jésus et de Marie, est la confiance, la consolation, le miel, la douceur de toutes les lèvres chrétiennes » (P. Ventura, Homélies sur les paraboles 19).
Dans son sermon Quæsivit sibi Deus virum iuxta cor suum, Bossuet reviendra sur les vertus cachées et intérieures, celles où « le public na point de part, où tout se passe entre Dieu et lhomme, celles qui, non seulement ne sont pas suivies, mais ne sont même pas entendues.
Cest dans ce secret que consiste tout le mystère de la vertu véritable. » Ces trois vertus cachées du juste Joseph sont la simplicité, le détachement, et lamour de la vie cachée. Joseph apparaît comme le modèle de toutes les conditions humaines.
Le travail et saint Joseph
Jésus « se rendit dans son lieu dorigine, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière quils étaient frappés détonnement et disaient : Doù lui viennent cette sagesse et ces miracles ? Nest-ce pas le fils du charpentier ? » (St Matthieu 13, 54-55). Ce passage fait référence à lactivité professionnelle de Joseph.
La tradition retient quil était charpentier. Ce mot, du grec tektôn, embrassait en réalité beaucoup dhabiletés techniques comme artisan par exemple. Sur ce quon fabriquait dans latelier de Nazareth, le P. Schwelm a donné des précisions très vraisemblables : « Les commandes simaginent conformément aux travaux connus de menuisier-charpentier chez les Juifs ; des poutres à équarrir pour le soutien des terrasses qui couronnaient les maisons ; des jougs, des flèches dattelage et daiguillon pour les cultivateurs ; des lits, des coffres, des sièges, des huches ; des pétrins pour les ménagères, des coffrets garde-notes pour les scribes, les commerçants, les rabbins. Ce sont là en effet les ouvrages divers que la Mischna nous révèle exécutés par les charpentiers » (Science Sociale, mars 1909).
Le fait que les Juifs se réfèrent expressément au travail de Joseph, considéré comme un homme juste, indique que ses qualités de travailleur étaient reconnues et appréciées. Joseph est un travailleur honnête qui sefforce de vivre selon ses moyens, de ce quil obtient de son travail. En cela, il a sanctifié son travail. Saint Jean-Paul II dira que « grâce à son atelier où il exerçait son métier en même temps que Jésus, Joseph rendit le travail humain proche du mystère de la Rédemption » (Redemptoris custos, n° 22). En disposant que la mission de son Fils senracine dans une vie de famille, Dieu a voulu aussi que le travail de Joseph serve à la croissance humaine de Jésus-Christ.
De ce fait, le travail de Joseph participe à la Mission du Rédempteur. Parce quil a mis ses qualités professionnelles au service du projet divin, Joseph nous montre que le travail est un moyen de sanctification. « On ne peut imaginer que Joseph ne fut pas un bon ouvrier, quil ne fut pas réputé autant pour son adresse et son habilité que pour son honnêteté et sa droiture. On savait à Nazareth et dans toute la région quen sadressant à lui, on ne risquait pas dêtre volé, que cétait sa coutume de livrer du travail consciencieux » (Gasnier).
À juste titre donc, Pierre dAilly voit en Joseph un travailleur. Se demandant comment Jésus « reçoit sa nourriture et les choses nécessaires à sa vie humaine », il répond : « Sans aucun doute par le travail manuel de Joseph. Nous croyons que Marie et Joseph ont été de pauvres gens, mais il nest pas écrit quils aient jamais mendié, aussi nous concluons que [Joseph] sustenta sa vie et celle du Christ par le travail de ses mains, méditant de la sorte cette béatitude promise par son père David : Tu te nourriras alors du travail de tes mains heureux seras-tu et dans la prospérité. « .
Par le travail de Joseph il peut manger son pain sur terre, celui qui vit au ciel sans aucun besoin » (Les Douze gloires de saint Joseph).
« LÉglise vénère Joseph de Nazareth comme « artisan », comme travailleur, vraisemblablement charpentier de profession. Parmi tous les travailleurs de la terre, il a été le seul et unique qui a vu chaque jour se présenter à son établi Jésus-Christ, Fils de Dieu et Fils de lhomme. Et cest lui, Joseph, qui lui a appris son métier, ly a engagé, lui a enseigné comment surmonter les difficultés et vaincre les résistances de lélément « matériel », et comment tirer de la matière informe les produits de lartisanat humain. Cest lui, Joseph de Nazareth, qui a lié une fois pour toutes les Fils de Dieu au travail humain. Grâce à lui, Jésus appartient également au monde du travail et rend témoignage devant Dieu de sa très haute dignité » (Jean-Paul II, Homélie, 19 mars 1982).
« Saint Joseph ne cherchait pas dans sa tâche une occasion de saffirmer, bien que sa consécration à une vie de travail ait forgé en lui une personnalité mûre et bien dessinée. En travaillant, le Patriarche avait conscience daccomplir la volonté de Dieu ; il pensait aux siens, à Jésus et à Marie, et il avait présent à lesprit le bien de tous les habitants de la petite ville de Nazareth.
Sans aucun doute, Joseph, grâce à un travail soigné, tirait dembarras bien des gens.
Son travail professionnel avait pour but de servir et de rendre la vie agréable aux autres familles du village ; il saccompagnait dun sourire, dun mot aimable, dun commentaire, fait comme en passant, mais qui rendait la foi et la joie à ceux qui étaient sur le point de les perdre » (st Josémaria).
« Joseph guidait et soutenait lenfant Jésus dans sa croissance humaine ; cest lui qui linitiait à la connaissance des coutumes religieuses et sociales du peuple hébreu et à lexercice du métier de charpentier, qui, pour lui, au bout de tant dannées de pratique, navait plus aucun secret. Cest là un aspect que je tiens à souligner aujourdhui : saint Joseph a initié Jésus au travail humain dans lequel il était lui-même expert. Lenfant divin travaillait à côté de lui et il apprenait, en lécoutant et en le regardant faire, à manier lui aussi les outils de charpentier avec le soin et la conscience dont son père adoptif lui donnait lexemple.
Saint Joseph a transmis au petit Jésus qui grandissait à côté de lui le sens de cette joyeuse disponibilité avec laquelle il reprenait chaque matin son travail quotidien. Pour cette raison aussi saint Joseph est mis sous les yeux du peuple chrétien comme un modèle lumineux vers lequel tous les pères devraient se tourner au moment des choix concrets que leur impose la responsabilité dune famille »
Jean-Paul II, Homélie, 19 mars 1983.