Témoignage d’un accompagnateur de catéchumène

7 janvier 2026

AVANT PROPOS

Après plusieurs années d’exercice d’accompagnateur au sein de l’équipe de catéchuménat de la paroisse Saint Urbain – Sainte Marie des Vallées de la Garenne Colombes nous avons ressenti le désir de partager la beauté de ce service d’église ouvert à tout baptisé. Ce service a conforter notre amour de l’Eglise et nous a permis de revisiter notre foi au Christ sauveur de l’humanité. Dans notre pays marqué par ce que l’on appelle le pessimisme mais que nous appellerons la désespérance, l’Eglise appelle chaque année des hommes et des femmes adultes qui, par leur histoire personnelle, n’ont pas pu être baptisés enfant à recevoir le baptême, premier des sacrements de l’initiation chrétienne. C’est le signe que le Christ est vivant et que l’Eglise son épouse n’est pas morte. Les catéchumènes réveillent notre foi endormie, nous bouscule dans nos certitudes par leurs questions, renforce notre amour au Christ et en son Eglise. Ils témoignent que le Christ appelle toujours tout homme et toute femme de bonne volonté à le suivre et à manifester au monde la puissance de son amour et que la vie est plus forte que la mort. Nous voudrions par ce témoignage manifester notre
gratitude à notre curé et à ses vicaires, aux responsables de l’équipe de catéchuménat qui m’ont toujours fait confiance et à chacun des catéchumènes que nous avons eu la joie d’accompagner et que nous continuons d’accompagner dans notre prière.

Qu’est qu’un catéchumène ?

Un catéchumène est un homme ou une femme adulte qui désire recevoir le baptême. Cette personne par son histoire personnelle n’a pas pu le recevoir enfant. Les raisons qui ont empêché cette personne de recevoir le baptême enfant sont multiples. Il ne faut pas oublier que les parents portent souvent la responsabilité de n’avoir pas permis ou voulu que leur enfant soit baptisé. Ils sont les premiers éducateurs de la foi de leur enfant. Or il est désormais fréquent que les parents n’aient pas eux-mêmes reçus le baptême. Il se peut aussi que les parents aient voulu dans une mauvaise compréhension de la liberté laisser leur enfant libre de choisir d’être baptisé ou pas. L’Eglise qui reçoit la demande de la part d’un adulte d’être baptisé ne juge pas la situation dans laquelle il se trouve mais accueille son désir de recevoir le baptême. Elle va l’inviter à suivre un chemin que l’on appelle le catéchuménat afin qu’il puisse nouer une relation au Christ sauveur et découvrir la foi chrétienne. Elle va le confier à un accompagnateur qui reçoit le catéchumène sans l’avoir choisi.

Que signifie accompagner ?

Le terme accompagner dans le propos qui est le nôtre est à prendre pour nous dans son acception musicale : « Personne qui dans l’exécution d’un morceau, soutient sur un instrument la mélodie ».1 Accompagner ce n’est pas agir aux lieu et place d’un catéchumène mais l’encourager, le soutenir dans sa quête vers Dieu. 

Cette action nécessite beaucoup de délicatesse de la part de l’accompagnateur car il s’agit de l’âme d’une personne. Lorsqu’on parle d’action il faut comprendre qu’il ne s’agit pas de faire mais plutôt de laisser agir le catéchumène. L’accompagnateur doit être pleinement présent. En d’autres termes il accorde toute son attention au catéchumène et pour cela on ne le dira jamais assez il doit écouter. Cette présence à l’autre nécessite une présence à soi. Nous voudrions nous arrêter un court instant sur ces deux notions qui nous semblent indispensables de bien comprendre. Cette présence à l’autre comme l’exprime Aurore MARCOU, anesthésiste et hypnothérapeute à l’Institut CURIE dans le domaine thérapeutique nécessite ouverture. L’accompagnateur aide le catéchumène « à se débarrasser du souci des apparences, de ses défenses, de ses propres résistances intérieures. »2 Il « lui donne en plus le moyen de s’exprimer. »3 Il n’y a pas de présence à l’autre sans présence à soi. Cette présence à soi nécessite : « être dans les mouvements de l’échange, tout en restant stable. Etre spontané en gardant la retenue de n’exprimer que ce qui sera utile, se réjouir sans  s’attacher4 mais plus encore être ouvert à l’Esprit Saint. 

Qu’est qu’un accompagnateur de catéchumène ?

Un accompagnateur de catéchumène est un chrétien qui se met au service de l’Eglise pour accueillir tout homme ou toute femme adulte qui désire recevoir le baptême et plus largement les sacrements de l’initiation chrétienne que sont le baptême, la confirmation et l’eucharistie. Il répond à un appel à témoigner de sa foi comme l’écrit Saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens. « En effet, annoncer l’Evangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté. C’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile ! » Par là nous voyons que nous sommes à la rencontre de deux désirs, Le désir de rencontrer le Christ pour le catéchumène et le désir de témoigner de la présence du Christ pour l’accompagnateur. Ce dernier va par sa disponibilité et sa présence aider à faire cheminer la grâce dans le cœur d’une personne en recherche du Christ sauveur. Cette grâce sanctifiante qui comme le dit le Frère dominicain Gilles EMERY, professeur de théologie dogmatique à l’Université de FRIBOURG : « conduit notre âme à être en communion avec Dieu. » L’accompagnateur n’est pas une personne meilleure que les autres. Il n’est pas nécessaire pour lui d’être pourvu d’un bagage théologique même si des notions de catéchèse sont indispensables. En effet comment peut-il témoigner de son amour du Christ sans avoir approfondi sa propre connaissance de notre Seigneur Jésus Christ par la Parole Dieu et la connaissance de ces mystères. La foi s’appuie sur l’intelligence et le cœur. Comme l’a écrit Simone WEIL : « la foi c’est l’intelligence éclairée par l’amour » Il exerce une forme de paternité spirituelle avec humilité, créativité et responsabilité. L’humilité de l’accompagnateur auprès du catéchumène consiste à faire grandir la foi naissante du catéchumène tout en ne niant pas les talents qui sont les siens. Elle se manifeste concrètement par le fait que l’accompagnateur ne choisit pas le catéchumène mais le reçoit. La créativité de l’accompagnateur ne peut s’exercer que si celui-ci se laisse conduire par l’Esprit Saint. Lors ses rencontres avec le catéchumène, il doit rester ouvert à l’inattendu, aux interrogations, aux doutes du catéchumène. Enfin sa responsabilité est grande et peut parfois donner le vertige. Sa responsabilité est de conduire le catéchumène à une rencontre personnelle avec le Christ, vrai Dieu et vrai homme pour recevoir le baptême. 

Les conditions de l’accompagnement.

La condition de l’accompagnement pour l’accompagnateur est d’avoir une vie chrétienne fondée sur Christ et ne jamais oublier que le service lui a été confié par l’Eglise. Rappelons-nous que comme le dit Monseigneur Jérôme BEAU, actuel Archevêque de Bourges, que nous ne sommes pas appelés dans l’Eglise à cause de nos talents mais par la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ.  Pour que l’accompagnement du catéchumène puisse se dérouler dans de bonnes conditions il nous semble important de rappeler que celui-ci doit s’exercer dans le cadre d’une pleine liberté tant pour le catéchumène que pour l’accompagnateur. Le catéchumène ne doit pas venir aux rencontres avec son accompagnateur sous la contrainte. Il est toujours libre de venir ou de pas venir. Il va sans dire qu’un respect mutuel doit s’instaurer entre chacune des personnes. L’accompagnateur doit être aussi libre d’accompagner ou de ne pas accompagner le catéchumène qui lui a été confié. Il va s’en dire que si le catéchumène ne désire plus rencontrer son accompagnateur il convient avec délicatesse de lui en demander les raisons. Il arrive parfois que ces raisons ne nous serons pas données. La deuxième condition est celui du respect de la confidentialité. Tout ce qui se dit doit rester dans le cœur et la prière du catéchumène et de l’accompagnateur. L’accompagnateur peut entendre des propos relatant des actes ou des situations qui sont contraires à la morale. Nous conseillons dans cette situation à l’accompagnateur de se rapprocher du curé de sa paroisse qui lui conseillera ce qu’il a lieu de faire. Une troisième condition est celle du respect de l’intégrité physique et psychologique du catéchumène. L’accompagnateur doit s’interdire de porter atteinte à l’intégrité physique du catéchumène de quelque manière que ce soit. Les récents abus commis dans l’Eglise nous ont suffisamment montré ce qui arrive lorsque cette règle n’est pas strictement respectée. Au même titre il ne doit pas exercer une influence psychologique sur le catéchumène. L’exercice de cette condition ne peut se faire que s’il existe une distance entre le catéchumène et l’accompagnateur. Cette distance ne veut pas dire indifférence mais respect des personnes. Le catéchumène doit sentir que l’accompagnateur est présent à ce qu’il dit et vit mais en même temps qu’il n’entre pas dans son intimité. Il ne pose pas des questions qui relèvent de la vie intime du catéchumène. C’est aussi une des raisons pour laquelle nous conseillons que les rencontres ne se fassent pas au domicile de l’un et de l’autre. La maison paroissiale nous semble le lieu le plus approprié. Les rencontres peuvent aussi se faire en marchant mais dans un endroit peu fréquenté afin que l’environnement ne vienne pas perturber la rencontre. 

Les limites de l’accompagnement.

Les limites de l’accompagnement sont l’expression de la liberté du catéchumène et de l’accompagnateur. On rencontre aujourd’hui de plus en plus de catéchumènes avec des très grandes fragilités psychologiques ou psychiques. A ce titre il convient de rappeler que l’accompagnateur n’est ni un psychologue ni un psychanalyste. Il n’est pas toujours facile pour l’accompagnateur d’être confronté à ces fragilités. Il ne doit pas se mettre en danger sous peine de perdre son rôle d’accompagnateur. Il doit être à même de se poser la question de savoir s’il peut accompagner une personne rencontrant de telles difficultés. Toute charité bien ordonnée commence par soi-même. Il peut arriver que les fragilités du catéchumène viennent rejoindre l’histoire personnelle de l’accompagnateur. Cette situation peut l’empêcher d’exercer son accompagnement avec la distance nécessaire comme nous l’avons évoqué dans le paragraphe précédent. La décision de continuer ou pas son accompagnement relève de son libre arbitre et de sa propre santé psychologique et psychique. Il peut être utile de se faire aider ou en conscience décider ne pas continuer son accompagnement. Il faut néanmoins savoir accueillir ces personnes en grande souffrance psychologique et psychique car elles sont tout autant que les personnes en bonne santé capables d’accueillir l’amour du Christ en eux. Elles nous montrent combien notre Seigneur Jésus Christ vient les rejoindre au cœur de leur pauvreté. Cette pauvreté vient souvent de situations familiales difficiles. Nous avons été le témoin du cheminement de la grâce dans le cœur de ces personnes. Elles sont à même d’accueillir la présence de notre Seigneur Jésus-Christ dans leur vie. Il nous semble important de dire au catéchumène que le baptême qu’il va recevoir ne va pas le guérir totalement de ses blessures. En revanche, il faut ajouter que la sacrement du baptême va leur donner des forces pour combattre le mal. L’accompagnement de ces catéchumènes demandera plus de temps et c’est ce que nous allons voir dans le paragraphe suivant.

La durée de l’accompagnement.

La durée de l’accompagnement est une question délicate. Il est difficile de déterminer une durée égale pour tous les catéchumènes. En général un catéchumène est accompagné sur une durée d’environ un an qui va du mois de juin à Pâques de l’année suivante. 

Il nous semble important de dire que même si l’accompagnateur doit faire grandir le désir du catéchumène à recevoir le baptême et que souvent le catéchumène a lui-même le désir de le recevoir au plus vite il faut savoir donner du temps au temps. 

Notre Seigneur Jésus Christ est un Dieu patient. Toute l’écriture sainte nous le démontre. Il attend chacun selon un rythme qui est le sien. Pour certains catéchumènes la relation à Notre Seigneur Jésus Christ se noue rapidement. Pour d’autres catéchumènes le chemin est plus long. Il ne faut pas oublier que nous avons affaire à des adultes. Des adultes qui ont une histoire qui s’est construite sans une relation avec notre Seigneur Jésus Christ. L’accompagnateur doit les inviter à découvrir que Dieu les attendait. Une très belle illustration de ce qui précède est la rencontre de Jésus avec la samaritaine. Dans la première partie du dialogue Jésus se fait proche de la samaritaine en lui demandant de l’eau. Progressivement, Il creuse dans le cœur de la samaritaine le désir de recevoir une « eau jaillissant en vie éternelle. » et avec délicatesse il l’invite à faire la vérité sur sa vie. En reconnaissant qu’elle n’a pas de mari, elle permet au Christ de lui dire qui il est.  L’accompagnateur se doit d’être patient. Le temps est un cadeau que l’accompagnateur offre au catéchumène pour l’aider à construire sa relation au Christ sauveur et à découvrir la foi chrétienne. La durée de l’accompagnement ne doit pas non plus être trop longue car rappelons-nous qu’il s’agit de donner son autonomie spirituelle au catéchumène qui à son tour doit devenir un membre vivant et agissant de l’Eglise au sein d’une communauté paroissiale.

La nature de l’accompagnement.

La nature de l’accompagnement du catéchumène doit selon nous s’articuler sur deux axes. Le premier doit porter sur la prière. Il est essentiel que la relation qui se noue progressivement entre le catéchumène et notre Seigneur Jésus Christ se fasse par la prière, faute de quoi cette relation revêtira qu’un caractère sentimentale. Or l’accompagnateur doit conduire le catéchumène à ancrer sa vie sur une foi vivante, joyeuse et vraie. Certains catéchumène ont déjà une connaissance intuitive de la prière. D’autres catéchumènes n’en ont jamais entendu parlé. Le plus souvent, il appartient à l’accompagnateur de faire sourdre la prière du cœur du catéchumène. « Le cœur est la demeure où je suis. »5 comme nous le rappelle l’Ecriture. Les obstacles que rencontrent fréquemment les catéchumènes sont de savoir comment prier et combien de temps ils doivent consacrer à la prière. Il est très important dès la première rencontre de consacrer un temps à la prière. L’accompagnateur peut rencontrer une réaction du type « ça ne sert à rien » ou « je ne sens rien. ». Ces réactions ne doivent pas l’arrêter à leur faire découvrir la prière et à les inciter à prier. Notre expérience nous a montré qu’un catéchumène qui réagit de cette façon se comporte comme un enfant en train de nous tester. Pour que l’accompagnateur puisse être à même d’éduquer le catéchumène à la prière il convient que lui-même soit un homme de prière. Un chrétien et plus encore un accompagnateur qui ne prie pas vide son service de son sens et rend vain son témoignage. Mais le plus souvent le catéchumène demande qu’on l’aide à prier car il comprend intuitivement que c’est le lieu de la rencontre avec notre Seigneur Jésus Christ et plus encore comme le dit Sainte Thérèse d’Avila « c’est un commerce d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé. ». la prière nous fait rechercher : « Celui que mon cœur aime. »6 La durée de la prière, dans un premier temps, n’est pas essentiel. Ce qui est important à notre humble avis c’est que la prière ouvre chacune des rencontres avec le catéchumène qui nous a été confié. Elle peut se faire à l’oratoire de la maison paroissiale ou devant une icône ou un crucifix. En effet, elle peut sembler un peu abstraite au début pour le catéchumène. Le fait de la faire devant le tabernacle où repose Jésus, ou devant une icône ou un crucifix permet de rendre plus visible la présence de Dieu au catéchumène. C’est aussi l’occasion d’expliquer au catéchumène ce que représente le tabernacle et ce que signifie l’icône ou le crucifix.  C’est ainsi qu’en tant accompagnateur nous allons inviter progressivement le catéchumène à prier seul et plus encore à entrer en oraison. L’accompagnateur doit conduire le catéchumène à accueillir au fond de son cœur l’amour de Dieu et à y répondre. L’accompagnateur peut proposer au catéchumène d’exprimer à haute voix avec ses propres mots une prière au début de la rencontre. Le deuxième axe de la nature de l’accompagnement est celui de la catéchèse car le jour de son baptême le catéchumène devra professer sa foi au Dieu vivant et dire : « je crois. » La présentation et l’explication du symbole des apôtres et du symbole de Nicée-Constantinople au catéchumène avec l’aide du catéchisme de l’Eglise Catholique peut lui permettre d’ouvrir son intelligence à la foi. La lecture suivie d’un évangile avec le concours de son accompagnateur permettra au catéchumène de mieux approfondir sa relation au Dieu vivant. Il faut aussi l’inciter à participer aux rencontres avec les autres catéchumènes et à venir régulièrement à la messe dominicale.

Les difficultés de l’accompagnement.

Ces difficultés peuvent venir de l’accompagnateur ou du catéchumène. Celles provenant de l’accompagnateur devrait l’inciter à réfléchir sur le sens qu’il veut donner à ce service d’église au sein d’une communauté paroissiale. Est-ce un manque de temps ? Est-ce une absence de motivation ? Très vite l’accompagnateur doit répondre à ces questions car sa disponibilité est indispensable même s’il peut arriver que l’accompagnateur soit pris par le découragement dans l’accomplissement de son service.  Nous lui conseillons de prier l’Esprit Saint et de s’en ouvrir au curé de sa paroisse. 

Le partage de ces difficultés avec d’autres accompagnateurs en toute confidentialité est aussi important pour lui permettre de se sentir soutenu par ses frères et sœurs dans ce service d’église. Ce service exige d’être en vérité face à soi-même faute de quoi on risque de se trouver en difficulté auprès du catéchumène qui nous a été confié. 

Les difficultés peuvent provenir du catéchumène. Nous avons précédemment évoqué ces difficultés dans le paragraphe sur les limites de l’accompagnement. En effet les troubles psychiques voire psychiatriques du catéchumène rendent l’accompagnement difficile. N’oublions pas que la psychiatrie est : « une spécialité médicale traitant de la maladie mentale. » L’étymologie du mot va nous éclairer. Elle vient du mot grec psyché qui signifie : « âme ou esprit » et du mot iatros qui signifie « médecin ». En d’autres termes la psychiatrie signifie la médecine de l’âme. Les catéchumènes atteints de ces troubles ont toute leur place. Néanmoins les accompagner est difficile car ils peuvent être à certains moments dans l’exaltation. Leur exaltation peut nous laisser penser que la grâce fait son chemin dans leur cœur. Or ce n’est que l’effet de leur traitement. A contrario ils peuvent être plongés dans une profonde détresse. Cette détresse se manifeste par des angoisses qui peuvent les conduire à ne plus vouloir être baptisé. Ces angoisses sont à prendre très au sérieux par l’accompagnateur tout en conservant la distance nécessaire afin de ne pas en être affecté et laisser le catéchumène libre de son choix. Il se pose néanmoins la question de la liberté pour une personne dont les facultés mentales sont altérées. Un juste discernement doit s’opérer à ce moment-là. Il est important que le catéchumène comprenne qu’il a toute sa place au sein de la paroisse. Or il arrive fréquemment que ce dernier ne se sente pas accueilli et plus encore de pas autorisé à participer à la messe dominicale. Nous conseillons à l’accompagnateur de participer à la messe dominicale avec lui et de ne pas se tenir systématiquement à la même place. Le regard des autres fait souvent peur aux catéchumènes. Il nous appartient de les présenter à ceux qui nous entourent. Or il peut arriver que des paroles prononcées ou entendues par le catéchumène viennent à le blesser profondément. Des leçons de morale peuvent fermer son cœur en raison de ce qu’il a vécu et raviver des blessures très profondes.  Rien de ce qu’il entend ne doit rester sans réponse de notre part. Nous touchons là parfois à nos propres limites dans notre accompagnement. Il faut laisser le Christ agir en nous afin que nos paroles et nos gestes traduisent son amour infini pour tout homme et toute femme qui le cherche avec droiture.

La joie de l’accompagnement.

Nous ne voudrions pas terminer ce témoignage sans parler de la joie que nous avons d’accompagner des hommes et des femmes vers le baptême et plus encore vers les sacrements de l’initiation chrétienne. Cette joie nous vient d’abord du Christ Jésus qui nous veut être un témoin joyeux de son évangile. Cette joie nous habite et c’est une grâce de se savoir pécheur mais appeler à témoigner de cet amour infini qui veut que tout homme soit sauvé. Nous accueillons avec gratitude la joie de voir un catéchumène découvrir qu’il est aimé du Père de manière unique et personnel, devenir disciple du Christ et de lui faire savoir qu’il a toute sa place dans cette famille, qu’est la paroisse à laquelle il appartient désormais. Je terminerai par cette phrase de Saint Josémaria Escriva de Balaguer qui disait : « la joie est la conséquence logique de la filiation divine, de la certitude de nous savoir aimés d’un amour de prédilection par Dieu notre Père, qui nous accueille, nous aide et nous pardonne. »

Eric

  1. Dictionnaire de l’Académie Française. ↩︎
  2. Aurore MARCOU, ETRE LA -FLAMMARION/VERSILIO – février 2018 ↩︎
  3. Aurore MARCOU, ETRE LA -FLAMMARION/VERSILIO – février 2018 ↩︎
  4. Aurore MARCOU, ETRE LA -FLAMMARION/VERSILIO – février 2018 ↩︎
  5. Le Cantique des cantiques, 3éme poème – Bible de Jérusalem – juin 2007 ↩︎
  6. Le Cantique des cantiques, 3éme poème – Bible de Jérusalem – juin 2007 ↩︎